LA RÉPUBLIQUE NOUS BAÎLLONNE!

admin 31 Mai 2017,
LA RÉPUBLIQUE NOUS BAÎLLONNE!

Nous avons marché aujourd’hui baîllonner par des drapeaux français. Par le biais de cette action nous souhaitons dénoncer le désir de certains de nous faire taire . Les colonnes formées par des dizaines de jeunes ont eu pour point de départ la gare SNCF et le tribunal. Ces images permettent de montrer du doigt les entreprises, les institutions qui méprisent les droits des locuteurs basques. Il ne pouvait pas en être autrement, nous avons mis fin à cette action à la sous-préfecture. C’est face à la demeure des loyaux serviteurs de la république ayant pour seule langue le français que nous avons crié à l’unisson « notre choix : l’officialisation de l’euskara ! ».

Même s’ils parlent de Liberté, nous savons qu’ils bafouent tous les jours notre liberté de vivre et d’étudier en euskara. Même s’ils parlent de Fraternité, nous savons que c’est cette fraternité ou sentiment communautaire qui perdure en Euskal Herria qu’ils veulent détruire en nous assimilant dans la culture globalisée. Même s’ils parlent d’Egalité, nous savons que le fait que nos droits en tant que locuteurs basques soit niés et le meilleur exemple de l’inégalité.

En somme, lutter en faveur de l’euskara signifie de fait œuvrer en faveur de la justice. Néanmoins, toute initiative allant dans le sens de l’officialisation de notre langue est réprimée par la justice. Rappellez-vous du projet de la mairie d’Uztaritze. Cette proposition a tout de même permis de montrer la voie à suivre, désobéir étant le seul moyen d’obtenir de véritables possibilités de vivre en euskara. La communauté Pays Basque a elle aussi son rôle à jouer. En effet, mettre en place une politique linguistique différente est surtout une question de volonté. En ce sens, il est de notre devoir de renforce la pression populaire en faveur de la reconnaissance de l’euskara.

Malgrès que nous ayons ciblés d’autres institutions nous aurions aussi pu sortir baîlloné aujourd’hui de l’amphithéâtre du campus. Nous avons eu parmi nous bons nombres d’élèves qui n’ont pas la possiblité de suivre leur cursus universitaire en euskara. En effet, le dédain de beaucoup pour l’euskara n’a pas changé, notre langue n’est pas la langue du savoir ou de la recherche. Sois donc un étudiant français lambda, reçois un savoir universelle et va étudier à Pau, Bordeaux ou Toulouse en quittant ton pays. C’est pour combattre cette fatalité que l’Ipar Euskal Herria à besoin de sa propre université ou l’euskara aura sa place à part entière. Nous avons eu également parmi nous des élèves qui dans deux semaines passeront leur baccalauréat dans sa quasi-totalité en français. Le fait de passer cette épreuve en français entraînne l’obligation de travailler certaines matières en français lors des années de lycée. C’est pourquoi les membres du mouvement Baxoa Euskaraz lutte sans relâche pour défendre le droit d’étudier en euskara.

« La République nous baîllonne, Guk Euskararen ofizialtasuna », tels a été le slogan de l’action symbolique d’aujourd’hui. Nous disons bien action symbolique, car l’action d’aujourd’hui n’est que le point de départ d’une dynamique plus ambitieuse. Sans demander la permission à personne, nous allons construire de véritable alternative pour faire avancer l’utilisation de l’euskara. Lors de la manifestaction du 14 juillet et lors de la campagne qui la précède nous allons revendiquer à maintes reprises que nous voulons avoir le pouvoir de décider de notre avenir. Ainsi, l’euskara étant la principale caractéristique qui nous unit en tant que peuple, à chaque fois qu’ils tentent de nous imposer le français, nous leur répondrons que nous sommes des euskalduns de plein droit.

Depuis la sous-préfecture de Baiona, nous appelons la jeunesse basque à participer à la mobilisation du 14 juillet et aux nombreuses actions à venir.

Pour une alternative, notre choix : Euskal Herria