DES LOGEMENTS DIGNES POUR LA JEUNESSE

KOLDO 20 Déc 2017,
DES LOGEMENTS DIGNES POUR LA JEUNESSE

Cela fait un mois et demi que nous avons entamé le diagnostic citoyen des résidences secondaires et des logements vides. La spéculation en vogue dans les domaines de la terre et du logement est un obstacle à l’accession à un logement digne pour la population locale et d’autant plus pour nous les jeunes. Nous avons souhaité mettre en exergue la dure réalité du logement dans les villes et villages d’Ipar Euskal Herria. La jeunesse s’est emparé de la responsabilité de faire éclater au grand jour cette problématique dont elle souffre. En cette période automnale, nombreux sont les autocollants demeurant sur les boîtes aux lettres. Les appartements du bord de mer à Miarritze, les fermes modernisés à Itsasu, le maison de la Citadelle à Donibane-Garazi… et tant d’autres résidences secondaires ou maisons vides ont été signalé.

Néanmoins, les participants aux diagnostic citoyen ainsi que ceux qui en ont vues les résultats nous ont faient une remarque. Nous devons expliciter ces résultats évidents. Lorsque la situation est honteuse ceux qui la dénonce ne doivent pas avoir honte. C’est pourquoi nous avons décidé de faire usage de l’ironie aujourd’hui. Si nous collions des autocollants de quelques centimètres sur les boîtes, nous avons décore aujourd’hui ces bâtiments de banderoles de plus d’un mètre de large. Nous savons d’ores et déjà que les propriétaires de ces logements ne viendront pas enlever ces banderoles ce soir en rentrant à la maison. En effet, les propriétaires de ces maisons n’habitent et ne travaillent pas ici. Ils ont pour habitude de vendre l’image des cartes postales de notre pays. La plage, le soleil, le surf, la pelote, le piment d’Ezpeleta. Pourtant, même en appréciant ces maisons blanches aux toits rouges il y a ceux qui penchent pour des maisons plus modernes. Le propriétaire de cette maison d’Angelu en fait parti. Il a construit son coin de paradis avec piscine, au quartier de La Barre. Évidemment que celui qui possède les moyens de construire une telle bâtisse ne se préoccupe pas de l’architecture du coin.

75% des habitants du Pays Basque nord pourrait être éligible d’un logement social. La plupart sont des jeunes élèves ou employés. On à tendance à penser qu’il manque des logements dans nos villes, pourtant le problème n’est pas là. En regardant le nombre de maisons secondaires et de maisons vides, on aurait même pas besoin d’en construire d’avantage. Au début de cet hiver, cet immeuble situé en bord de mer de St Jean de Luz  est à 80 % vide . Combien de personnes pourraient être logés dans toutes ces maisons, ces appartements occupés uniquement en période estival ?

En ce qui concerne le bâtiment d’ Hendaia, c’est la problématique des logements vides que l’ont à voulu mettre en évidence. Pour se faire, quoi de mieux qu’un bâtiment entier en plein centre-ville. Cela fait bon nombre d’années que cette bâtisse n’abrite plus personne. La spéculation et les politiques d’urbanisme mettent en péril la vie collective au sein des centres-villes de la côte de Lapurdi, en obligeant le habitant modeste à vivre en de plus en plus loin du centre. Dans de tel cas, les Mairies devraient pouvoir prendre des mesures concernant les bâtiments restés si longuement inoccupés.

Il est temps que les institutions répondent sérieusement à la problématique du logement. Il est impératif, en plus d’une étude approfondi de la question, que des décisions courageuses soient prises en ce sens. Tant que les logements resteront des biens de consommation et de spéculation, le business de certains nous condamnera irrémédiablement à la précarité. Finalement, le débat sur le logement et le foncier, pose plus largement la question du modèle sociétal que nous voulons développer. Tourisme, aménagement du territoire, travail, agriculture. Tels sont les différentes problématiques que nous souhaitons aborder. Le Diagnostic Citoyen ayant permis de mettre en relief les multiples facettes de la situation du logement, nous allons maintenant donner la parole aux citoyens qui vivent cette réalité au jour le jour. En se basant sur le travail mené cette automne, nous allons nous fixer des objectifs concrets et des buts à attendre en vue de possible victoire dans le secteur du logement. A partir de janvier, nous continuerons à nous organiser et à lutter pour que la jeunesse accède à des logements dignes.