3 DÉC: JOURNÉE DE L’EUSKARA

admin 03 Déc 2017,
3 DÉC: JOURNÉE DE L’EUSKARA

C’est le pain quotidien des bascophones de Lapurdi, Baxe Nafarroa et Xiberoa que de vouloir et malheureusement ne pas pouvoir vivre en basque.

De jour en jour, les obstacles qui nous sont imposés veulent nous faire croire que nous parlons une langue désuète. Face à cela, il nous abreuve du prestige de la langue française qui tend à créer en nous un complexe d’infériorité. Heureusement, la récente dynamique intitulée BAM se propose d’activer les bascophones sur la zone du BAB qui représente un enjeu important dans la conservation et le développement de notre langue. Cette dynamique, en contre-pied de la tendance actuelle, nous fait prendre conscience que nous sommes bien plus d’euskaldun que nous ne le pensons.

Toutes personnes parlant l’euskara est euskaldun. Alors que certains essayent de cantonner notre langue au folklore et aux galeries des musées, nous souhaitons qu’elles permettent de rassembler, de tisser des liens entre les cultures. Face à l’assimilation à la culture globalisée, nous ferons vivre notre culture et notre peuple. Au même titre que nous rejetons toutes discriminations basés sur des critères de races, de classes, de sexes-genres ou d’origines, nous n’accepterons pas d’être discriminés en tant que bascophones. Nous n’accepterons pas de loi qui fait de nous des citoyens de seconde zone. Nous les bascophones, nous avons un passé dépourvu de droit et un présent remplis de droits bafoués. Les jeunes souffrent particulièrement des difficultés d’étudier en euskara. Un élève qui ayant effectué toute sa scolarité en euskara se trouvera dans l’obligation de passer le bac en français. C’est pourquoi il devra travailler certaines matières dans leur quasi-totalité en français lors de ses années de lycée. Ce même élève devra s’exiler à Pau, Bordeaux ou Toulouse pour suivre ses études supérieures. En effet, le dédain d’une époque est toujours à l’ordre du jour, l’euskara n’est pas la langue du savoir ou de la recherche.

Etant donné que nous avons longuement parlé des injustices, nous devons souligner qu’en somme, la lutte en faveur de l’euskara est une lutte en faveur de la justice. La mairie d’Uztaritze nous a montré la voie de la mise en pratique de notre revendication d’officialisation de l’euskara. Néanmoins, la justice mal nommée s’érige toujours contre les propositions de reconnaissance légale de notre langue. AEK et Seaska sont les clefs de voûtes de la revitalisation de l’euskara en Ipar Euskal Herria. Pour autant ; des politiques linguistiques efficaces sont indispensables. Au-delà des gestes symboliques, la Communauté d’Agglomération Pays Basque doit prendre des décisions courageuses en faveur de la normalisation de l’euskara.

Nous jeunes abertzale de gauches, nous avons une responsabilité particulière vis-à-vis de la jeunesse. Le groupe Euskara d’Aitzina récemment créé va tâcher d’allier la revendication du respect de nos droits et la construction de nouveaux espaces bascophones. Nous lançons un appel aux jeunes euskaltzale afin qu’ils rejoignent le groupe, s’organisent, se forment et luttent. L’officialisation de l’euskara revendiqué par une grande majorité de la société d’Ipar Euskal Herria est à portée de main.